Multiples incarcérations d’un jeune homme
en dépit d’un lourd handicap mental
En dépit d’un lourd handicap mental engendré par
une anomalie chromosomique congénitale, S.B., un
jeune homme de 22 ans, a fait l’objet en janvier 2009
d’une condamnation à un an d’emprisonnement
ferme, pour avoir agressé un passant dans la rue et
volé un téléphone portable. Depuis décembre 2007,
c’est sa quatrième condamnation à une peine de prison
ferme pour de petits délits (dégradation d’abribus,
feu de poubelles, menus vols, etc.). Soit autant
d’incarcérations qui se révèlent très déstructurantes.
Il a d’ailleurs tenté à plusieurs reprises de se suicider
durant ces périodes de détention et a également
fait l’objet d’une hospitalisation d’office. Les juges
ont pourtant de nouveau estimé que sa place était en
prison, s’appuyant sur les expertises médicales réalisées.
un détenu en attente d'une transplantation cardiaque réincarcéré
Le gouvernement ne
cesse de clamer sa volonté d’aménager les courtes peines. Dans la
pratique, l’écart reste cependant grand entre les discours et leur
mise en œuvre. Un homme a par exemple été réincarcéré le 16
octobre 2008 au centre pénitentiaire de Marseille (Bouches-du-Rhône)
pour effectuer un reliquat de peine de trois mois et quelques jours,
et ce en dépit des risques sanitaires auxquels l'expose la
détention.
les dommages médicaux et familiaux d'une détention provisoire
Placée en détention provisoire depuis près d'un an et demi, une femme, gravement malade, s'est vue refuser pour la troisième fois en février 2008 une remise en liberté pour raison médicale. Depuis son incarcération, elle a également vu ses deux filles âgées de 11 et 16 ans, être placées dans une famille d'accueil et ses droits sociaux et son logement être supprimés.
un homme souffrant de débilité mentale profonde incarcéré depuis plus d'un an
D.P.
est âgé de 55 ans, mais a un « niveau
intellectuel se situant au niveau d'une débilité
mentale caractérisée ».
Nouveau-né, il a subi une hémorragie cérébrale.
Depuis, il « présente
une débilité profonde »
et « de
nombreuses séquelles physiques »,
a expliqué un expert psychiatre en avril 2003. « Son
quotient intellectuel est voisin de 30 »
et « il
a besoin de tutelle et de surveillance »
de
manière à être « protégé
de façon continue ».
Pourtant, D.P. est en détention provisoire à la maison
d'arrêt de Marseille (Bouches-du-Rhône) depuis le 17 juin
2006.
On ne peut pas impunément faire perdre leur temps aux services de secours et ses deniers à l’État. Un jeune homme de 20 ans l’a appris à ses dépens. Pour avoir faussement prétendu être victime d'un grave accident de la route et mobilisé pour sa recherche d'importants moyens, il a été poursuivi dans le cadre d’une comparution immédiate, puis condamné à douze mois de prison dont trois mois ferme, le 22 mai 2007, par le tribunal correctionnel de Saint-Omer (Pas-de-Calais).