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Chers lecteurs,
Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du n°74-75 de la revue Dedans Dehors. "Politique pénale : quand les idées reçues dictent leurs lois", tel est le titre du dossier que l'OIP a souhaité consacrer à cette problématique car s'il est un domaine où fantasmes et contre-vérités cohabitent, c'est bien celui du crime, de la délinquance et de la peine. « Ce qui domine est la désinformation et la propagation des idées reçues, par exemple que la peine de mort peut faire reculer la criminalité ou que les taux d'homicide sont en hausse », estime Denis Salas, magistrat. Les idées reçues concernent aussi bien les auteurs d'infraction que la nature de la délinquance ou de la réponse pénale. Il n'est pas un crime médiatisé sans que ne soit brandie la figure du « monstre » à bannir de l'humanité. Comme s'il fallait que chacun puisse aussitôt s'en démarquer. « Ils sont nous », affirmait à l'inverse l'OIP dès sa création en 1990.[...]
Le psychiatre Jean-Louis Senon rappelle ainsi que nous sommes tous porteurs de sentiments tels que « la violence, la haine, la rage, la jalousie », qui « dans certaines circonstances, peuvent conduire au passage à l’acte criminel ». Acteurs et professionnels relèvent souvent, en se plongeant dans un dossier pénal, qu’un passage à l’acte, même grave, peut arriver plus facilement que l’on ne veut bien l’admettre. Nombre d’études criminologiques analysent ce contexte dans lequel une personne a « basculé », cette succession d’évènements et de situations ayant agi pour elle comme des facteurs déclencheurs : séparation d’un conjoint, perte d’un travail, alcoolisme, rupture de soins, isolement, fréquentations… Des conseillers d’insertion et de probation expliquent que « le passage à l’acte criminel est un passage à l’acte dynamique, c’est-à-dire que la personne n’était pas pré-déterminée à le commettre dans n’importe quelles circonstances. Le passage à l’acte s’est produit dans un contexte particulier où une pluralité de facteurs se sont trouvés réunis »[1]. Une telle approche ne se veut ni banalisante, ni dé-responsabilisante, à la recherche d’un équilibre entre la part de choix individuel et des facteurs sociaux qui alimentent les comportements dits « déviants » (précarité, discriminations, délitement du lien social…). Elle permet également de mieux accompagner les personnes ayant commis un jour une infraction, ce qui nécessite préalablement de chercher à comprendre. « Reconnaître eux-mêmes le scénario d’un délit représente une valeur positive pour les délinquants parce qu’il leur sera possible d’identifier plus tôt en eux-mêmes les signaux de risque et de parvenir à une solution tous seuls ou avec l’aide de leur entourage », explique le professeur néerlandais Bas Vogelvang[2].
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Prison : rien n'a changé ?
Véronique Vasseur, médecin hospitalier à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris et auteur de Médecin-chef à la prison de la santé (Le Cherche Midi, 2000) ainsi que Gabriel Mouesca, militant basque, ancien détenu et ancien président…






Mardi 24 janvier 2012 de 18h00 à 21h00