Loi pénitentaire : la procédure accélérée doit être levée |
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Paris, le 5 mars 2009
Loi pénitentiaire : la procédure doit être levée par le Gouvernement ou refusée par le Parlement
L’OIP prend acte avec satisfaction de la déclaration de Jean-René Lecerf (rapporteur
du projet de loi pénitentiaire au Sénat et nouveau Secrétaire national pour la justice de
l’UMP) aux termes de laquelle il demande la levée de la procédure d’urgence décidée
par le gouvernement pour l’examen et l’adoption du projet de loi pénitentiaire.
Cette prise de position rejoint désormais celles formulées successivement par
Messieurs Jean-Luc Warsmann (président de la commission des lois de l’Assemblée
nationale), Bernard Accoyer (président de l’Assemblée nationale) et Gérard Larcher
(président du Sénat) à la suite de leur interpellation par les organisations réunies au
sein des Etats généraux de la condition pénitentiaire. Elle fait également écho aux
demandes des élus et des groupes PS, PC et Verts de l’Assemblée et du Sénat adressées
aux Conférences des présidents des deux assemblées.
Rappelant avec gravité que l’enjeu de toute réforme pénitentiaire est d’aboutir à une
réforme profonde du droit de la prison et des droits des prisonniers, l'Observatoire
international des prisons considère qu’un tel enjeu ne peut être satisfait que dans la
mesure où le législateur exerce pleinement les responsabilités que lui confère la
Constitution en la matière. Cet impératif suppose que le Parlement soit effectivement
en mesure de jouer son rôle dans les meilleures conditions, et en tout état de cause, que
l’examen du projet de loi pénitentiaire se déroule au travers d’une double lecture dans
les deux assemblées.
En conséquence, l'Observatoire international des prisons demande solennellement au
gouvernement de répondre sans délai à l’attente formulée d’une même voix par les
protagonistes du débat parlementaire et des acteurs du monde des prisons, en
annonçant sa décision de lever la procédure accélérée.
Dans l’hypothèse où le gouvernement persisterait dans la voie pour laquelle il a opté
initialement, l'Observatoire international des prisons réitère sa demande visant à ce que
les Conférences des présidents des deux assemblées usent de leur prérogative nouvelle,
telle qu’elle résulte de l’article 45 nouveau de la Constitution, applicable
aujourd’hui,de refuser de concert la procédure accélérée.
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