Prison de Lyon Perrache : les détenus n'ont plus de couvertures depuis deux semaines et pas suffisamment de papier toilette
La section française de l'Observatoire international des prisons (OIP) informe des faits suivants :
Depuis la fin du mois de juin, les personnes détenues au sein des
quartiers Saint-Paul et Saint-Joseph de la maison d'arrêt de Lyon
Perrache (Rhône) doivent se passer de couvertures malgré des
températures nocturnes peu élevées, et se contenter de quantités de
papier toilette insuffisantes.
Bien que les températures nocturnes sont actuellement basses et malgré
une augmentation des rhinites et autres pathologies de ce type,
inhabituelles en cette saison selon les médecins de l'unité de
consultations et de soins ambulatoires (UCSA) de la prison, les
personnes détenues dans la maison d'arrêt de Perrache se sont vu
retirer toutes leurs couvertures à la fin du mois de juin. Selon
l'administration pénitentiaire, elles ont été enlevées comme
habituellement à l'arrivée de l'été, et il n'est pas prévu de les
remettre.
Par ailleurs, la papier toilette n'est distribué que de façon
irrégulière et en tous cas en quantité insuffisante, bien que le
règlement intérieur de l'établissement prévoie sa distribution « tous
les 15 jours », et les intéressés se voient obligés de demander
d'autres rouleaux auprès de l'UCSA ou de cantiner des mouchoirs.
Contactée par l'OIP le 12 juillet, la direction de l'établissement
explique qu'on ne lui a « pas signalé de difficulté » à ce sujet et
que, suite à un appel de l'OIP le matin même au chef de détention du
quartier Saint-Paul, une distribution a eu lieu l'après-midi. Le chef
de détention indiquait également ne pas avoir connaissance de
réclamations de la part de personnes détenues. Pourtant, dès le mois de
mars, l'équipe médicale de l'UCSA avait alerté la direction régionale
des services pénitentiaires sur ce problème. Visiblement en vain.
L'OIP rappelle :
- qu'en mars 2004, au terme de son Etude sur les droits de l’homme dans la prison, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) soulignait déjà qu’« en matière d’hygiène corporelle, la France est en retard par rapport à nombre d’Etats européens » et que « la
situation de promiscuité imposée à la majorité des personnes
incarcérées en maison d’arrêt représente l’un des aspects les plus
dégradants des conditions de détention en France » ;
- que les Règles pénitentiaires européennes du Conseil de l'Europe préconisent que « les détenus doivent veiller à la propreté et à l’entretien de leur personne, de leurs vêtements et de leur logement » et que «
les autorités pénitentiaires doivent leur fournir les moyens d’y
parvenir, notamment par des articles de toilette ainsi que des
ustensiles de ménage et des produits d’entretien » (règles 19-5 et 19-6) ;
- que l'article D350 du code de procédure pénale exige que « compte tenu du climat », « les locaux de détention et, en particulier, ceux qui sont destinés au logement, doivent répondre aux exigences de l'hygiène ».