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Paris, le 19 novembre 2007
L'OIP
demande la publication immédiate des constats et
recommandations du Comité de prévention de la torture
(CPT)
La section française
de l'Observatoire international des prisons (OIP) vient d'interpeller
Mme Rama YADE, secrétaire d'État aux droits de l'homme
dont les services assurent la liaison avec le Conseil de l'Europe,
pour que le gouvernement lève sans délai la
confidentialité qui frappe le rapport établi par le
Comité pour la prévention de la torture et des peines
ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) à la suite
de sa neuvième visite en France effectuée entre le 27
septembre et le 9 octobre 2006, ainsi que la réponse des
autorités françaises déposée à
Strasbourg le 8 novembre 2007.
La publication immédiate
de ces deux documents apparaît d'autant plus indispensable
qu'un projet de loi pénitentiaire est sur le point d'être
soumis à la discussion du Parlement de sorte à remédier
aux critiques récurrentes dont font l'objet les prisons
françaises. Il importe que les faits constatés par le
CPT ainsi que ses recommandations soient portés à la
connaissance de la représentation nationale et, plus
largement, fassent l'objet d'une restitution publique.
Pour la plupart des pays,
l'autorisation de publier le rapport et la réponse associée
intervient dès réception de cette dernière par
le CPT. La France refuse jusqu'à ce jour de souscrire à
ce principe (lors de la visite effectuée par le Comité
en 2004 à l'île de la Réunion, six mois ont
séparés le dépôt de la réponse
française et l'autorisation de publier). Cette situation est
d'autant plus dommageable que la publicité des travaux du CPT
est de nature à inciter les agents des services concernés
à mettre fin aux manquements constatés et les autorités
à mettre en œuvre les mesures préconisées. Elle
est également d'autant plus regrettable que des pays comme la
Norvège, la Suède ou le Danemark autorisent le Comité
à rendre public successivement ses « observations
préliminaires » (qui suivent la visite) puis son
rapport (transmis aux autorités six mois après la
visite) et enfin la réponse du gouvernement (qui doit être
remise six mois après réception du rapport). Il est
indéniable que cette pratique permet de renforcer notablement
la portée des constats et préconisations du CPT.
L'OIP rappelle que lors de
sa précédente visite en métropole en juin 2003,
le CPT avait considéré (1) que dans les maisons d'arrêt
dans lesquelles il s'était rendu (2) « les
détenus étaient soumis à un ensemble de facteurs
néfastes -surpeuplement, conditions matérielles
déplorables, conditions d'hygiène créant un
risque sanitaire indéniable, sans même mentionner la
pauvreté des programmes d'activités - qui peuvent
légitimement être décrits comme s'apparentant à
un traitement inhumain et dégradant ». Par
ailleurs et plus généralement, le CPT affirmait que la
« réduction immédiate et drastique du
surpeuplement (...) constitue une exigence fondamentale pour assurer,
sans plus attendre, des conditions de détention dignes et
humaines à la population incarcérée ».
L'OIP souligne de surcroît
le rôle du CPT qui, dans le cadre de son 17ème
Rapport général d'activités, indiquait que son
« but est de provoquer des changements nécessaires
afin de renforcer la protection contre les mauvais traitements »
et que « ce n'est que dans le cas où le dialogue
entre le Comité et un État conduit à la
réalisation de cet objectif que l'on peut parler de
coopération efficace ».
(1) Rapport au
Gouvernement relatif à la visite effectuée en France
par le CPT du 11 au 17 juin 2003, Strasbourg, 31 mars 2004.
(2)
établissements de Loos (Lille) et de (Saint-Roch) Toulon.
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