|
Paris, le 27 février 2007
Centre de
semi-liberté de Lyon : l'espacement des permissions de sortir empêche une vie
familiale normale
La section française de l'OIP
informe des faits suivants :
Consécutivement à une décision du juge de
l'application des peines (JAP) en charge du centre de semi-liberté de Lyon, les
personnes détenues dans l'établissement se voient privées de toute possibilité
de rencontre avec leurs proches des semaines
durant.
En centre de semi-liberté (CSL), les
détenus bénéficient ordinairement de permissions de sortir à un rythme
hebdomadaire. Au CSL de Lyon, une note de service datée du 6 septembre 2006
indique que, sur décision du JAP, « il
pourra être accordé à chaque condamné [...] sous réserve qu'il satisfasse aux
conditions : un week-end de permission par mois pendant la première moitié de sa
peine [et] deux week-end de
permission par mois pendant la deuxième moitié de sa
peine ».
Par ailleurs, le directeur du Service
pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) du Rhône, sollicité par l'OIP,
indique dans un courrier du 15 janvier dernier que cette nouvelle règle « ne souffre que de très rares exceptions en
cela que le magistrat estime que le principe d'égalité de traitement doit être
privilégié ». Également contacté, le directeur du centre de semi-liberté
explique pour sa part qu'« il n'y a pas
de visite ni de parloir au CSL, sauf circonstances
exceptionnelles ».
Une autre note de service, datée du 3
novembre 2006 et émanant du SPIP du Rhône détaille les conséquences de « l'évolution actuelle [qui] amène la plupart des semi-libres à
abandonner pour des périodes allant jusqu'à quatre semaines tout lien direct
avec les proches et la famille » puisque « les autorisations de sortir [pendant la
journée] se limitent habituellement à
l'activité professionnelle ou de formation et les délais strictement nécessaires
pour s'y rendre et en revenir ».
Cette même note précise : « on ne peut prétendre à ce que [la] relation directe [entre le condamné et
ses proches] puisse avoir lieu « à la
sauvette » à l'intérieur du temps de l'activité ou des trajets sans exposer les
condamnés à des difficultés majeures liées aux situations de stress et de
frustration qu'elle pourrait entraîner ».
Enfin, le directeur du SPIP précise dans
son courrier du 15 janvier, qu'il n'a noté « aucun incident ou dérive dans la situation
précédente qui aurait pu être une justification de cette nouvelle
politique ».
Le JAP, pour sa part, n'a pas souhaité
répondre aux sollicitations de l'OIP.
L'OIP
rappelle :
- l'article D 402 du code de procédure
pénale : « en vue de faciliter le
reclassement familial des détenus à leur libération, il doit être
particulièrement veillé au maintien et à l'amélioration de leurs relations avec
leurs proches »
- l'article D 143-1 du code de procédure
pénale, qui prévoit que « des permissions
de sortir peuvent être accordées les samedis, dimanches et jours fériés ou
chômés aux condamnés admis au régime de la semi-liberté ».
|