|
Paris le 4 septembre 2007
Lille-Séquedin : diverses
instances de protection des droits de l'homme réagissent à la tentative d'entrave de
l'action de l'OIP
A
la suite de la publication le lundi 3 septembre 2007 dans le
quotidien Libération
d'un
article intitulé « A
Sequedin, la mystérieuse fuite de lettre de détenus »
rapportant les auditions
de
membres de la section française de l'Observatoire
international des prisons (OIP) par les services de police,
l'association apporte les précisions suivantes :
Les
interrogatoires
à répétition
de deux membres de l'OIP par les services de la sûreté
urbaine de Lille - aux cours desquels ils ont été
questionnés sur
leurs relations avec la presse, leurs contacts avec un détenu
se déclarant victime d'un dysfonctionnement de
l'administration pénitentiaire et l'appartenance d'un
intervenant extérieur à l'OIP - témoignent
d'une volonté d'intimidation sans précédent et
constituent une tentative d'entrave manifeste à l'action menée
par l'Observatoire. De telles pressions exercées à
l'encontre d'une organisation non gouvernementale dans
l'accomplissement de son mandat ont conduit l'OIP à alerter,
le 8 août 2007, diverses instances nationales et
internationales de protection des droits de l'homme.
Faisant
écho à cette démarche, le Médiateur de la
République, Jean-Paul DELEVOYE, a interpellé le 10 août
le Procureur de Lille, suivi en cela par la Commission nationale
consultative des droits de l'homme qui, par
la voix de son secrétaire général Michel FORST,
a
exprimé le 17 août ses
inquiétudes auprès du Préfet du Nord. Le même
jour, le Commissaire européen aux droits de l'homme, Thomas
HAMMARBERG, a réclamé des éclaircissements
auprès de la Représentation permanente de la France
auprès du Conseil de l'Europe.
Une
nouvelle audition policière programmée le 20 août
a été annulée sur décision du parquet.
Il
appartient aujourd'hui aux autorités françaises
d'apporter sans délai une réponse aux diverses demandes
d'explication et de clarification qui leur ont été
formulées. L'OIP exige d'autre part qu'elles
se conforment dorénavant à la Résolution 53-144
de l'Assemblée générale des Nations-Unies, qui
prévoit que « chacun
a le droit, individuellement ou en association avec d'autres
d'offrir et prêter une assistance juridique professionnelle
qualifiée ou tout autre conseil et appui pertinents pour la
défense des droits de l'Homme et des libertés
fondamentales »,
et que « l'Etat
prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les
autorités compétentes protègent toute personne,
individuellement ou en association avec d'autres, de toute
violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de
jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l'exercice
légitime des droits visés dans la présente
Déclaration ».
Enfin, l'OIP réitère sa demande faite aux autorités
le 6 août qu'une « enquête
approfondie et effective, respectant le contradictoire »
soit menée sur les allégations de violences et de
racisme émises par les détenus,
conformément à la jurisprudence de la Cour européenne
des droits de l'homme (CEDH, Hénaf
c/France,
27 novembre 2003).
Suite à la publication du présent communiqué, Libération afait paraître un nouvel article le 6 septembre. Lire cet article.
|