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Paris, le 12 janvier 2007
Riom
(63) : la famille d'un détenu tenue dans l'ignorance de son
hospitalisation dans un état critique
La
section française de l'OIP informe des faits suivants :
Les
proches d'un détenu de la maison d'arrêt de Riom ont découvert en se rendant au
parloir à la prison que celui-ci avait été hospitalisé trois jours plus tôt et que
ses jours étaient en danger. La réglementation prévoit pourtant une information
immédiate de la famille dans ces circonstances.
Vendredi
5 janvier, J.P., incarcéré à la maison d'arrêt de Riom, est conduit en urgence au
CHU de Clermont-Ferrand pour une méningite à pneumocoque. Il est aussitôt placé
dans un coma artificiel. Le lendemain, le frère de l'intéressé, qui le visite
régulièrement, téléphone à la maison d'arrêt pour réserver un parloir. Ce n'est
pourtant que lors de sa venue à la prison, le lundi 8 janvier, qu'il est
informé par le directeur adjoint de l'établissement de l'hospitalisation de
J.P.
Interrogés
par l'OIP sur les raisons du dysfonctionnement, les différents protagonistes
avancent des explications contradictoires. Un surveillant gradé explique qu'il
y a eu « un problème de communication » entre les surveillants
et le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) de
l'établissement à qui revenait selon lui la charge de prévenir la famille. Un
membre du SPIP affirme qu'« il y a eu boulette » et que
l'agent en charge du dossier de J.P. « a dû oublier ». Le
collègue en question soutient quant à lui que « c'est un problème
délicat, tout le monde peut se renvoyer la balle », qu'il était
« absent le vendredi et n'[a] été informé que le lundi matin ».
Pour
sa part, le directeur adjoint de la maison d'arrêt confirme que « les
services pénitentiaires disposaient bien du numéro de téléphone du frère de
J.P. mais qu'ils n'avaient pas pensé à le prévenir ». En effet,
« il faut savoir qu'on a l'habitude de ce genre d'extraction médicale
et que, généralement, les détenus reviennent le lendemain. Nous pensions donc
que J.P. allait revenir dans le week-end ». Dans le même temps, il
fait valoir qu'« il ne faut pas oublier le secret médical. Il s'agit de
déterminer si le détenu souhaite que l'on prévienne la famille. Or, en l'espèce, c'était très difficile car J.P. est
parti dans un état plus que pitoyable ». De surcroît, se défend-il, « après avoir appelé l'hôpital le
vendredi et le samedi, nous n'avons eu connaissance du diagnostic définitif que
le dimanche en début d'après midi ». Un médecin du CHU en charge de
J.P. soutient quant à lui que « les services de la maison d'arrêt ont
été prévenus peu de temps après son arrivée, notamment pour les informer que le
type de méningite dont souffrait J.P. n'était pas contagieux et ne nécessitait
donc pas de traitement prophylactique des codétenus et des personnels
pénitentiaires ».
Le
12 janvier, la direction de la prison a proposé un rendez-vous à la famille de
J.P. pour lui fournir des informations sur la situation de celui-ci.
L'OIP rappelle
- l'article D.427 du Code de procédure pénale
disposant qu' « Au cas ou un détenu vient (...) à être frappé d'une
maladie mettant ses jours en danger (...) sa proche famille doit en être
immédiatement informée ».
- la circulaire du 12 mai 1981 relative à l'amélioration
des relations entre l'administration et les proches d'un détenu malade ou
décédé précisant qu' « Il conviendra de choisir à chaque fois
le mode de communication propre à assurer la diffusion la plus rapide de la
nouvelle, en fonction de son urgence et de sa gravité, quitte à distinguer une
information immédiate, même concise, et une information complémentaire
ultérieure plus développée. L'information immédiate peut être assurée par tous
moyens, y compris le téléphone. L'information complémentaire devra être donnée,
si les intéressés en font la demande, soit, verbalement, par téléphone, soit
par écrit s'ils ne sollicitent pas un tel entretien. (...) Ce doit toujours
relever de la responsabilité directe du chef d'établissement (y compris quand
le détenu est hospitalisé en milieu extérieur), qui doit se faire tenir informé
sur le champ de tout événement grave et prendre lui-même les mesures qui
s'imposent, en veillant avec soin à leur correcte exécution »
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