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Paris, le 17 juillet 2007
A propos du projet de loi sur le contrôle extérieur
Communiqué de l'OIP dans le cadre d'un collectif d'organisations signataires (1)
Les organisations signataires prennent acte avec satisfaction de
l’initiative gouvernementale visant à instaurer un contrôleur général
des lieux de privation de liberté, conformément à l’engagement pris par
la France auprès des Nations Unies de créer un mécanisme national de
prévention des traitements inhumains et dégradants.
Cependant, le contrôleur général des lieux
de détention doit constituer une autorité indépendante et
incontestable. Les organisations signataires considèrent donc que sa
nomination doit intervenir à l’issue d’une procédure transparente et
être de la seule responsabilité du Parlement, et ceci conformément au
principe exposé par le Premier ministre, lors de sa déclaration de
politique générale, sur la nomination des présidents des autorités
administratives indépendantes.
De plus, au regard du choix gouvernemental de doter cette autorité
indépendante d’un champ de compétence qui s’étend à l’ensemble des
lieux de privation de liberté, les organisations signataires
considèrent que la multiplicité des lieux concernés, leur diversité et
leurs spécificités imposent, pour assurer l’effectivité d’un contrôle
permanent, une dotation en moyens humains et financiers considérable et
adaptée à l’ampleur et l’importance de sa mission. Elles alertent donc
sur la nécessité de lui garantir la faculté d’un recrutement de
collaborateurs suffisamment nombreux et spécialisés selon le type de
lieu à contrôler. A titre d’exemple, en Angleterre, l’inspecteur en
chef, qui assure les visites pour le seul domaine pénitentiaire,
bénéficie d’une équipe de 41 personnes. Le contrôleur général, dans le
projet français, sera compétent non seulement pour les établissements
pénitentiaires, mais aussi pour les centres de rétentions, locaux de
garde à vue, hôpitaux psychiatriques, etc.
Enfin, en ce qui concerne les prérogatives du contrôleur général,
les organisations signataires estiment qu’aucune restriction ne saurait
être apportée aux principes du libre accès aux lieux privatifs de
liberté et aux informations ou pièces nécessaires à l’exercice de sa
mission, conformément à l’esprit du protocole de l’ONU. Par ailleurs,
elles considèrent que les autorités publiques doivent se voir imposer
l’obligation de répondre aux avis et recommandations du contrôleur
général. Pour rendre le contrôle effectif, le contrôleur général doit
en outre disposer d’un pouvoir d’évaluation et d’injonction, ce qui
n’est pas le cas en l’état actuel du projet de loi. De plus, garantir
un contrôle permanent implique un pouvoir de visites régulières et
inopinées. Enfin, le contrôleur doit avoir la faculté de rendre public
ses rapports de visite, ses avis, ses recommandations et ses rapports
annuels, indépendamment des réponses formulées par les autorités
publiques.
Aux yeux des organisations signataires, ces modifications sont indispensables pour permettre un contrôle réel et effectif.
(1) Organisations signataires : ACAT-France, ASPMP
(association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire),
GENEPI, Interco-CFDT, OIP, SNEPAP-FSU, Syndicat de la Magistrature,
UGSP-CGT.
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