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Paris, le 7 décembre 2006
Maison
d'arrêt de Nantes : Un prévenu attend depuis 21 mois une consultation dans
un centre antidouleur
La
section française de l'OIP dénonce les faits suivants :
Détenu
à la maison d'arrêt de Nantes, A.G. est titulaire d'une carte d'invalidité à 80
%. Il attend depuis 21 mois une consultation au Centre
d'évaluation et de traitement de la douleur du CHU de Nantes. Depuis le début
de sa détention provisoire, trois rendez-vous ont été annulés, soit par le CHU
soit par les services pénitentiaires.
Incarcéré
en décembre 2004 à la maison d'arrêt de la Roche-sur-Yon, puis transféré à la
maison d'arrêt de Nantes en vue d'un rapprochement familial, A.G. est détenteur
de la carte d'invalidité à 80 % suite à un accident de la route survenu en
1990. En mars 2005, A. G. demande à pouvoir bénéficier d'une consultation
au Centre d'évaluation et de traitement de la
douleur du CHU de Nantes où il était régulièrement suivi avant son incarcération.
Un rendez-vous est programmé mais ne pourra avoir lieu, le médecin antidouleur
du CHU de Nantes étant en arrêt maladie.
Un
deuxième rendez-vous est programmé le 12 mai 2006 mais il sera également annulé
faute d'escorte disponible pour assurer l'extraction de A.G. vers le CHU. Le 14
juin, le médecin de l'unité de consultations et de soins ambulatoires (UCSA) du
centre pénitentiaire de Nantes établit un certificat attestant qu'A.G. est
« suivi régulièrement à la consultation antidouleur au CHU de Nantes et
qu'il doit s'y rendre prochainement ». Alerté sur la situation d'A.
G., le 29 août, l'OIP saisit la Direction départementale des affaires
sanitaires et sociales (DDASS). Par courrier en date du 6 septembre, le médecin
inspecteur de la DDASS confirme les deux annulations mais indique que
l'intéressé « devrait avoir enfin son rendez-vous avec le médecin
antidouleur le 26 octobre ». Aucune escorte n'étant disponible à
la date fixée, la consultation prévue est annulée.
Contactée
par l'OIP le 16 novembre, la direction du centre pénitentiaire a déclaré ne
« pouvoir justifier les annulations », mais « seulement
les expliquer ». Dans un courrier daté du 30 novembre, la direction a
donc indiqué que les deux dernières annulations étaient dues à « une
insuffisance des ressources pénitentiaires pour faire face à plusieurs missions
programmées sur un même jour. Aussi, en concertation avec les services
médicaux, un travail est actuellement mené pour adapter des solutions propres à
ces situations et améliorer la concertation entre ces secteurs ». S'agissant
de A.G., la direction a ainsi assuré qu'un rendez-vous était programmé « dans
le cours du mois de décembre » tout en concédant qu'il « n'était
pas gravé dans le marbre ». Selon un membre du personnel médical de la
maison d'arrêt, « le délai d'attente et les annulations d'extractions
endurés par A.G. sont malheureusement la norme à Nantes ». Dépressif
et sujet à des crises suicidaires, A.G. a déjà été à deux reprises hospitalisé
au service médico-psychologique régional (SMPR) du centre pénitentiaire de
Nantes.
L'OIP
rappelle :
- que le Code de la santé publique prévoit, à l'article L.1110-1, que « le droit fondamental
à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles
au bénéfice de toute personne ».
- que
selon le guide méthodologique relatif à la prise en charge sanitaire des
personnes détenues, « il appartient à l'établissement pénitentiaire
d'assurer dans les meilleures conditions l'extraction de la personne détenue »,
- et que dans
son étude sur l'accès aux soins des personnes détenues du 19 janvier 2006, la
Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a considéré « que
la mise en oeuvre des extractions médicales ne doit pas être considérée comme
une mission secondaire par les différentes autorités compétentes » et
que « les responsabilités respectives des différents services devraient
être clairement fixées ».
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