Dossier : Récidive, récidivistes, ne pas se tromper de débat (n°48)
15-03-2005
sommaire
édito
une insulte à l'intelligence
actu
sécurité avant tout ! le gouvernement répond à la CNCDH
loi pénitentiaire : le chemin de croix
de facto
détention
provisoire : un rapport pour rien ? ; un malade du cancer maintenu en
détention ; suspension confirmée malgré l'intervention de la
Chancellerie ; des feux de cellule contre le froid...
dossier récidive, récidivistes :
ne pas se tromper de débat avec
André Kuhn, criminologue ; Jean-Louis Senon, psychiatre ; Eric martin,
JAP ; Philippe Pottier, président de l'Association française de
criminologie ; Michel Flauder, secrétaire général du SNEPAP ; Christian
Fournier et Pascale Delpeyrou, responsables de l'association Espérer 95
; Cédric Fourcade , délégué CGT ; Norman Bishop, expert auprès du
Conseil de l'Europe.
en actes
le grondement de la bataille ; l'isolement en Europe ; identités détenues.
témoignages
quartier disciplinaire : lieu ultime de l'indignité.
en droit
surveillance constante et entraves à l'hôpital : que cesse le scandale !
lettres ouvertes
"nous sommes des passagers du Titanic"
dossier
récidive, récidivistes : ne pas se tromper de débat
La
récidive est la fille d'un système pénal qui croît que la sanction
intimide et que la prison répare et répond à tous les problèmes que la
criminalité révèle. Pour remédier à la répétition des délits et des
crimes, il faut s'extraire de modes de punition et de surveillance
fondés sur la peur et sans effets sur la sécurité.
Au printemps
dernier, plusieurs faits divers concernant des personnes déjà
condamnées, incarcérées et libérées émeuvent l'opinion publique et
poussent les parlementaires à se saisir de la question de la récidive
des sortants de prison. Six mois plus tard, un projet de loi est voté
par l'Assemblée nationale. Largement amendé par les sénateurs en mars
2005, il attend son retour devant les députés, qui entendent rétablir
le texte initial. Celui-ci prétend tenir équilibrée la balance entre
répression et prévention. Côté répression, la discussion n'a consisté
qu'à arbitrer une vieille querelle entre les « ultras » et les
« modérés » du courant sécuritaire de l'UMP. Les seconds
s'enorgueillissent d'avoir évité l'instauration de peines planchers
automatiques pour les récidivistes. Mais leur marchandage n'entérine
pas moins une limitation des possibilités d'usage des peines de sursis
avec mise à l'épreuve et des réductions de peines.
Le volet de
la prétendue prévention est encore plus inquiétant. Il consiste, comme
chacun le sait désormais, à placer un certain type de délinquants,
condamnés pour des infractions à caractère sexuel, sous surveillance
électronique après la fin de leur peine, pour une durée pouvant aller
jusqu'à trente ans. Enfin, la loi permet l'inscription au fichier
national des délinquants sexuels des personnes que la justice a déclaré
irresponsables. Et gare à ceux qui mettrait en doute l'opportunité de
telles mesures. Les sénateurs qui ont supprimé le recours à la
surveillance électronique après la peine ont été qualifiés d' « intellectuels »
par le président de la commission des lois, Pascal Clément, ce qui,
dans sa bouche, est censé être désobligeant. Quant à Jacques Floch, un
député socialiste qui a émis des réserves lors du débat parlementaire,
il tient simplement, selon le député UMP Guy Geoffroy, « un discours d'arrière-garde ».
suite1
Un catalogue de mauvaises idées
Pourtant,
hormis l'usage de la technologie pour la surveillance, le projet de
l'UMP a tout l'air d'être un catalogue de vieilles idées. Depuis que
les réformateurs de la Révolution ont fait d'une prison voulue
corrective le cœur du système pénal, la récidive est invariablement
considérée comme la marque de son échec, et les moyens pour y remédier
sans cesse en discussion. C'est ce que l'historien Bernard Schnapper
(1) a appelé « l'obsession de la récidive ». Pour ne parler que du XIXème
siècle, deux types de mesures sont mises en œuvre dès 1804 : la
surveillance spéciale des condamnés libérés et la condamnation
systématique des récidivistes à la peine maximale encourue. On envisage
même alors de faire surveiller les personnes acquittées deux fois. Mais
les magistrats rechignent et l'idée est abandonnée. Ces mesures
n'enrayent en rien le phénomène, et des projets concurrents tenant
notamment à la réforme pénitentiaire voient le jour (2). Mais l'idée
que l'enjeu crucial est de mieux contrôler et de punir de façon
exemplaire les personnes déjà condamnées resurgit périodiquement. En
1851, l'instauration du casier judiciaire permet de mieux mesurer la
récidive. Mais celle-ci, apparemment, ne cesse de croître et, comme le
note Bernard Schnapper, « presque chaque année le ministre de la Justice y consacre des commentaires alarmés ». En 1874, la IIIème« haute surveillance perpétuelle »
pour les auteurs de crime. En 1880, les chiffres sont toujours
effrayants, et on accuse les magistrats d'appliquer la loi avec une
excessive douceur envers ceux qui recommencent. Un an plus tard, des
réunions publiques sont organisées pour parler d'horribles crimes de
sang, et la société, nourrie des récits de la presse à sensation,
souffre d'une « psychose de la récidive ». Triste bilan d'un siècle de création de traitements spéciaux pour les récidivistes. République instaure une
Ce sont ces
traitements que la majorité parlementaire entend aujourd'hui reconduire
presque à l'identique : allonger les peines pour que la sanction
devienne plus intimidante pour les délinquants endurcis, surveiller de
près ceux qui sortent après une longue peine, et même peut-être ceux
que la justice ne peut pas condamner mais qui font peur, blâmer les
magistrats de ne pas punir les récidivistes avec la rigueur nécessaire
et tenter de leur lier les mains.
Les échecs de
telles mesures sont compréhensibles : la surveillance continuelle
produit la rechute, parce qu'elle rend la réinsertion impossible, parce
qu'elle devient insupportable et engendre la fuite. Elle soumet
l'ancien détenu à une injonction paradoxale dont il ne peut se sortir.
Il doit se réinsérer et éviter tout faux pas sous peine d'arrestation
immédiate et, dans le même temps, il reste considéré comme un
délinquant en puissance et marqué comme tel à ses propres yeux comme
aux yeux des autres. On le presse de renoncer à toute infraction en
même temps qu'on le dote d'un statut à part, propre à sa mise à l'écart
du reste de la société.
L'échec de
l'intimidation et du durcissement des peines est aussi bien connu. Il
est évidemment simpliste d'imaginer que la menace empêche le passage à
l'acte, et absurde d'espérer que l'allongement du temps passé en
détention favorise la sortie de la délinquance. Les critiques portées
contre la prison comme outil de lutte contre la récidive sont connues :
lieu de désocialisation, de disqualification sociale, et, à l'inverse,
« école du crime », occasion de nouvelles rencontres et affiliations.
Les résultats de la politique proposée aujourd'hui par les députés sont
donc prévisibles : augmentation de la population pénitentiaire, sans
effet sur la délinquance et, donc, sur la récidive. Les députés de la
majorité n'ont sans doute pas la naïveté de penser, par un tel projet
de loi, faire chuter le niveau de la délinquance, ni même, comme
l'affirme pourtant avec une belle candeur Christian Estrosi, vider les
prisons. Ils ne font que reconduire deux réponses éculées aux questions
de criminalité : la mise à l'écart de la communauté des citoyens des
auteurs d'infractions graves, par le fichage et la surveillance ; et la
gestion carcérale renforcée des auteurs d'infraction par la
perpétuation du cycle délit, incarcération, affiliation délinquante et
exclusion sociale, récidive.
L'idée que deux ans de politique sécuritaire auraient réduit la délinquance à un « noyau dur » de « délinquants d'habitude »,
à une sorte de petit groupe d'irréductibles qu'il faudrait mater à
coups de peines de prison toujours plus longues est évidemment une vue
de l'esprit. Selon les chiffres récemment publiés de l'Observatoire
national de la délinquance, si les « atteintes aux biens » ont reculé
de 6% de 2003 à 2004, les « atteintes volontaires à l'intégrité
physique » ont, dans le même temps, augmenté de 0,6%. Le noyau a la
peau dure. Mais sans doute est-ce l'effet d'une loi encore trop laxiste
- après tout, si le nouveau texte ne donne pas les résultats escomptés,
ce sera sans doute parce que les peines prévues ne sont pas assez
dissuasives et/ou parce que les magistrats ont trouvé des parades
légales pour ne pas l'appliquer avec une sévérité suffisante. La
majorité politique actuelle nous propose de reconduire à l'infini le
rêve d'un enfermement dissuasif et rédempteur, qui n'échouerait que
parce qu'il ne serait pas assez fermement mis en œuvre.
suite2
La mesure du problème
Personne ne
saurait pourtant blâmer les parlementaires de se saisir de la question
de la récidive, puisque, si, comme l'a affirmé le député Estrosi lors
du récent débat à l'Assemblée, elle mesure l'échec du système pénal,
celui-ci est à l'évidence en faillite. Mais, puisque les questions
posées par la récidive sont vieilles comme la prison et jusqu'à
aujourd'hui restées sans réponse, la première tâche pour qui espère
mener une politique novatrice consisterait à prendre la mesure de la
difficulté et de la complexité du problème. Et d'abord en distinguant
les taux de récidive à la fois selon le type d'infraction initiale et
selon la gravité des infractions suivantes. Par exemple, parmi les
personnes sorties de prison en 1996/1997 après une condamnation pour
homicide, 28% ont, cinq ans plus tard, de nouveau été condamnées, mais
seules 13% l'ont été à une peine d'emprisonnement ferme et aucune à une
peine de réclusion criminelle. Pour les personnes condamnées pour un
crime sexuel, les chiffres sont respectivement de 30, 11 et 1%. Les
auteurs de meurtre et de viol qui commettent de nouveau un acte d'une
même gravité sont très peu nombreux. Les personnes condamnées pour des
vols sans violence ont, quant à elles, été de nouveau condamnées pour
75% d'entre eux et 65% l'ont été à de l'emprisonnement ferme. Leur
passage en prison ne les a pas, pour la plupart, dissuadé de
recommencer (3). Ces chiffres très contrastés renvoient à des
situations très différentes. Comme l'explique Norman Bishop, ancien
directeur de recherches àl'administration suédoise des prisons et expert auprès du Conseil de l'Europe, « beaucoup
de facteurs exercent une influence sur la récidive : le manque de
travail, de contrôle social informel, le retour dans un cercle
criminel, l'absence de soutien familial, l'âge, les antécédents ». Qui plus est, poursuit-il, « le
taux de récidive dépend du comportement des détenus libérés mais
surtout de l'action de la police, des décisions de poursuites des
procureurs et des décisions des tribunaux ». « Un taux de récidive ne dit donc pas grand-chose si on n'explique pas le rôle des facteurs qui l'influencent. » Cette complexité même explique pourquoi, selon le criminologue suisse André Kuhn, il n'y a « rien de bon » à attendre de l'incarcération. En tant que « colonne vertébrale » du système pénal, elle impose une réponse uniforme. « Que dirions-nous, s'interroge-t-il, si les médecins donnaient le même médicament pour toutes les maladies ? » D'autant que, comme le souligne le psychiatre Jean-Louis Senon, « le
phénomène d'adaptation à l'univers carcéral est essentiellement marqué
par des processus de régression, notamment en raison du phénomène de
soumission à la loi carcérale, celle de l'administration pénitentiaire
et celle des détenus, qui est une loi inflexible et très dure ». En 1999, des chercheurs canadiens ont compilé les résultats de cinquante études effectuées depuis 1958 sur « l'incidence de l'emprisonnement sur la récidive ». Conclusion : l'incarcération n'est pas tout à fait sans effet sur la récidive, elle « l'accroît légèrement ». Il est donc « illusoire d'imposer des peines de prison dans l'espoir de réduire la criminalité », sans compter que « le recours excessif à l'incarcération entraîne des coûts énormes » (4).
suite3
Une « justice de l'aiguille »
Il est
nécessaire d'admettre et de convaincre l'opinion que les infractions
les plus graves sont rares et que leurs auteurs recommencent très
rarement. Cela ne signifie pas que le risque n'existe pas, mais qu'il
doit être réfléchi aux moyens qui permettent, pour tous, de minimiser
le temps de détention, et pour certains d'apporter un soin et un suivi
adéquats. La réinsertion - et donc, la sécurité collective de la
communauté - sont à ce prix. Pour cela, la libération conditionnelle
est la mesure qui présente le plus grand intérêt, confirmé par des taux
de récidive durablement inférieurs (5). Pourtant, son octroi est en
baisse constante. Les critères à remplir, notamment en termes
professionnels, sont souvent hors de portée. Une manière de remédier à
cette tendance est d'instaurer un système où la libération « est automatique », et « la préparation à la sortie et le suivi (...) extrêmement individualisés ».
C'est le cas en Suède où, comme l'explique Norman Bishop, le retour
dans la communauté est facilité par la présence de 5 000 citoyens qui,
à côté des agents de probation, aident la réinsertion des libérés
conditionnels.
Des recherches permettent de « déterminer
les moments où il est important pour les agents de supervision de faire
attention et le moment où le contrôle n'est plus utile »,
c'est-à-dire le plus souvent six mois ou un an après la sortie.
Pourquoi un tel système nous semble-t-il si inaccessible ? L'exemple
belge nous montre les effets désastreux d'une campagne médiatique
autour de faits divers horribles. Quand, comme cela a été le cas après
« l'affaire Dutroux », les députés veulent, en instituant une
commission d'enquête parlementaire, jouer les justiciers dans l'émotion
et dans l'urgence, aucune politique pénale n'a de chance d'émerger, si
ce n'est la limitation des possibilités de libération anticipée. Les
récentes « affaires » Bodein et Fourniret nous conduisent sur la même
pente. Certes, parallèlement, un dispositif pour limiter les sorties
sèches prévu par la loi Perben 2 se met en place et participe d'une
logique positive. Mais il ne s'applique pas aux peines supérieures à
cinq ans, s'ajoute à d'autres dispositifs et intervient trop tard,
c'est-à-dire trop peu de temps avant la sortie. Comme le constatent les
animateurs de l'association d'aide à la réinsertion Espérer 95, alors
qu'on « parle d'éviter les sorties sèches, les aménagements de peine sont de plus en plus courts ».
Le dispositif manque l'objectif global d'une réduction, pour tous, du
temps passé en détention et n'empêche pas de reconduire par ailleurs
une logique de peur et une volonté de neutralisation perpétuelle.
Il faudrait
aussi admettre que, pour tous les délits qui relèvent d'une vie
d'exclusion, de ruptures familiales, de précarité, de violence, de
toxicomanie, faire varier la longueur des peines est une politique
pénale bien pauvre, sans effets sur la délinquance. Il s'agit
d'inventer d'autres réponses : « dépénaliser certains délits,
développer d'autres sanctions et repenser la peine de prison, en
faisant de la réinsertion son unique but et de son aménagement la
règle », comme le souhaite Michel Flauder, secrétaire général du
SNEPAP (Syndicat national de l'ensemble des personnels de
l'administration pénitentiaire) ; répondre par la médiation et la
conciliation au plus grand nombre possible d'infractions, comme le
voudrait André Kuhn, pour substituer une « justice de l'aiguille », qui retisse les liens du corps social, à une « justice du glaive ».
Poser ainsi
le problème, c'est également se forcer à réfléchir à une place laissée
à la victime dans le processus qui ne soit pas exclusivement celle de
la vindicte et de la demande de sanction. En ce sens, la solidarité de
l'infracteur et de la victime pourrait être double. Garantir d'abord
par une résolution non violente et non carcérale du conflit que tout
est fait pour éviter la réitération, et ainsi assurer au mieux la
sécurité de tous. Permettre en retour un traitement de la délinquance
soucieux de préserver la liberté de chacun. Cela suppose, explique
André Kuhn, de « ne pas adhérer sans réfléchir à l'utopie d'une société sans risque ».
Et sans doute également d'accepter que commettre une infraction ne fait
pas perdre la qualité de citoyen et de membre de la société.
Jean Bérard
notes
(1) Bernard Schnapper, « La récidive, une obsession créatrice au XIXème siècle », in Le récidivisme, PUF, 1983.
(2) Voir Michelle Perrot, « La bonne prison, naissance et mort d'un mythe », Dedans dehors, n°45.
(3) Annie Kensey et Pierre Tournier, La récidive des sortants de prison, Cahiers de démographie pénitentiaire, mars 2004.
(4) Paul Gendreau, Claire Goggin, Francis T.Cullen, « L'incidence de l'emprisonnement sur la récidive », 1999.
(5) Annie
Kensey, Trois ans et plus quinze ans après, Direction de
l'administration pénitentiaire, Collection Travaux et documents, 2003.
interviews
D'une justice du glaive à une justice de l'aiguille
Tenter de concilier les conflits par la médiation et la réparation,
individualiser la prise en charge des personnes en limitant au maximum
l'enfermement, retisser le lien social par une "justice de l'aiguille", telles sont les pistes que dessine André Kuhn, professeur de criminologie et de droit pénal à l'Université de Lausanne, pour faire chuter le niveau de la récidive.
Mettre la psychiatrie au service de la raison
Maladie mentale, marginalisation sociale, toxicomanie, perte de
repères, effets de l'incarcération... Les facteurs permettant d'évaluer
le risque de récidive sont multiples. C'est pourquoi, précise le professeur en psychiatrie Jean-Louis Senon,
prédire la récidive est un exercice aléatoire et la prévenir nécessite
une réponse souvent sociale plus que psychiatrique, et non simplement
répressive.
Eviter toute sortie sèche : "on est loin du compte"
Depuis le 1er octobre 2004, les Services pénitentiaires d'insertion et
de probation (SPIP) ont pour obligation de voir tous les détenus
purgeant une peine de six mois à cinq ans afin d'aménager les derniers
mois de leur peine sous forme de placement à l'extérieur, en
semi-liberté ou sous surveillance électronique. Une révolution dans
l'aménagement des peines et la prévention de la récidive ?
L'illusion de la dissuasion
La prison fait-elle peur au point d'empêcher les gens de commettre des
délits ? Ce lieu commun a été réaffirmé avec une belle assurance lors
du récent débat parlementaire sur la récidive. Les recherches menées en
la matière montrent pourtant exactement le contraire.
Libération anticipée: la condition de la réinsertion
Préparation à la sortie, suivi individualisé, égalité devant la loi... pour Norman Bishop, ancien directeur de recherches à l'administration suédoise des prisons et expert auprès du Conseil de l'Europe,
les nombreux avantages de la libération conditionnelle "automatique"
font de cette mesure le moyen le plus efficace pour réintégrer les
condamnés dans la société et, par ce moyen, lutter contre la récidive.