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Dedans dehors, n°57, sept.-oct. 2006,
p.11.
réincarcération suite à un dysfonctionnement général
Hospitalisée
à de nombreuses reprises, une personne atteinte d’un cancer a été considérée
comme ne respectant pas les obligations de sa mise à l’épreuve et a fait
l’objet d’une incarcération pendant un mois. Le 12 juillet dernier, M.A. est
incarcéré à la maison d’arrêt d’Amiens (Somme) suite à la révocation de sa
peine de sursis. Motif invoqué par le juge d’application des peines (JAP)
: il ne répondait pas aux convocations de son travailleur social et ne
respectait pas son obligation de soins en alcoologie.
Et pour cause, condamné
en mars 2003 à six mois d’emprisonnement avec sursis assorti d’une mise à
l’épreuve de 36 mois, M.A. a été hospitalisé 14 fois entre janvier 2005 et
avril 2006 pour sept interventions dont certaines particulièrement lourdes
(quadruple pontage coronarien, séances de chimiothérapie, ablation du poumon,
etc.). Au total, l’intéressé a subi six mois d’hospitalisation durant cette
période. Pour le magistrat, qui n’avait semble-t-il pas été tenu informé de la
gravité de l’état de santé de M.A., « cette
attitude constitue une infraction caractérisée aux obligations générales de la
mise à l’épreuve et manifeste sa volonté de soustraire à la probation ».
Une fois incarcéré, M.A. a attendue plus d’un mois pour que le JAP, alerté par
l’OIP, demande au service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de
l’établissement les certificats médicaux nécessaires à l’obtention d’un
aménagement de peine. Une demande qui avait pourtant été formulée par M.A. dès
son arrivée à la maison d’arrêt. Mais ce jour-là, seuls deux travailleurs
sociaux sur les six habituellement en poste étaient présents. Dans ces
conditions, certaines demandes émanant de détenus n’ont pu être traitées, s’est
défendu le SPIP. Le 23 août, M.A. est sorti, muni d’un bracelet électronique.
(OIP)
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