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Dedans dehors, n°55, mai-juin 2006,
p.8.
"j'ai entendu des voix"
Le 2 mai,
le tribunal d'Angers a ordonné la maintien en détention provisoire d’un homme
se disant « envoûté par de la magie noire d'Afrique », rapporte son
avocat. Jugé en comparution immédiate, ce jeune homme de 23 ans a d'abord
demandé un délai pour préparer sa défense. Puis il a changé d'avis, en
acceptant que son cas soit examiné. C'est finalement le tribunal qui a ordonné
un supplément d'informations, notamment une expertise psychiatrique avant de
décider de son maintien en détention, alors qu'un médecin s'était prononcé pour
une hospitalisation psychiatrique. Le jeune homme s’est présenté comme sans
domicile, mais a indiqué vivre chez sa mère et suivre des études. Il était jugé
pour avoir cassé deux rétroviseurs de voitures en circulation, avant de briser
une bouteille en verre sur la tête d’un passant. « D'habitude, je suis
calme. Mais là, j'ai entendu des voix. C'était le surmenage à cause de mes
études et de la faim », tentera-t-il d'expliquer. Devant le tribunal,
le jeune homme a présenté ses excuses et dit ne pas comprendre son comportement
ce jour-là. Les juges ont ordonné une expertise psychiatrique. Ce qui ne lui
vaudra pas nécessairement d’abréger son séjour derrière les barreaux, à en
croire la condamnation qui a frappé un jeune homme à Rennes le 10 mars 2006.
Auteur de violences gratuites, il a été jugé en comparution immédiate. « Il
était absent, amorphe, et n'était pas capable de dire s'il acceptait d'être
jugé, ou s'il demandait un délai pour préparer sa défense » a expliqué son
avocate, qui a demandé que son client soit déclaré pénalement irresponsable. «
L'expert a retenu des troubles délirants de type psychotique, il disait
entendre des voix qui disaient du mal de lui, il se sentait surhumain »
a-t-elle plaidé. En vain, il été condamné à 12 mois de prison, dont 4 ferme.
Déjà détenu, il a rejoint la maison d'arrêt après le prononcé du jugement.
(Ouest-France)
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