Le 9 mai 2007, un étudiant en première année de BTS, âgé de 20 ans, a été condamné par le Tribunal correctionnel de Toulouse (Haute-Garonne) à un mois de prison ferme. Il avait jeté une canette, tombée à côté des policiers, lors des incidents survenus dans la ville après l'élection de Nicolas Sarkozy. Le même jour, dans la même ville, un jeune homme de 29 ans, étudiant en maîtrise des sciences de l'éducation, a été condamné à la même peine. Et toujours pour avoir jeté une bouteille en direction des forces de l'ordre.
Dans les deux cas, le procureur de la République avait demandé à ce que ces « actes
de violence commis avec armes sur des fonctionnaires de police
dépositaires de l'autorité publique dans l'exercice de leurs fonctions
» soient sanctionnés de peines fermes assorties de mandats de dépôt.
Ses réquisitions font écho à celles de la procureure de la République
de Lyon (Rhône) qui a demandé, quant à elle, six mois de prison ferme à
l’encontre de trois étudiants en sciences politiques. Âgés de 19 et 20
ans, ils étaient poursuivis pour avoir fait tomber sur la voie publique
des barrières de chantier (dont une aurait heurté une voiture de
police) et s'être opposés avec violence à leur interpellation le soir
du second tour. Une condamnation à une telle peine n'est pas sans
conséquence sur la poursuite de leurs études. Mais, pour la procureure,
peu importe. Ils ont pris « leurs responsabilités en descendant dans la rue de soir-là », estime-t-elle, ajoutant qu'en tant qu’étudiants en sciences politiques, ils « devraient avoir l'intelligence d'analyser sereinement les résultats d'une élection
». Elle n’a été heureusement que partiellement entendue. Le Tribunal
correctionnel de Lyon les a condamnés à deux mois de prison ferme. (AFP, Libération, Nouvel Observateur)