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Dedans dehors, n°65, avril 2008,
p.22.
les dommages médicaux et familiaux d'une détention provisoire
Placée en détention provisoire depuis près d'un an et demi, une femme, gravement malade, s'est vue refuser pour la troisième fois en février 2008 une remise en liberté pour raison médicale. Depuis son incarcération, elle a également vu ses deux filles âgées de 11 et 16 ans, être placées dans une famille d'accueil et ses droits sociaux et son logement être supprimés.
Soupçonnée
d'être mêlée à une affaire de stupéfiants,
M.G., sénégalaise de 45 ans, est incarcérée
depuis le 21 décembre 2006, à la maison d'arrêt
des femmes de Fleury-Mérogis (Essonne) puis à Fresnes
(Val-de-Marne). Déjà condamnée pour un délit
similaire, M.G. était titulaire d'une autorisation de séjour
pour soins et bénéficiait de l'allocation pour adulte
handicapé. Ses deux filles, âgées de 11 et 16
ans, étaient scolarisées et l'aînée avait
décroché une bourse au mérite. Suite à
l'incarcération de leur mère, elles ont d’abord été
prises en charge au sein du domicile familial par un proche, puis par
« un tiers digne de confiance », avant d’être
finalement placées en famille d’accueil en décembre
2007, le loyer du logement ne pouvant plus être réglé.
Les allocations dont la famille bénéficiait ont été
interrompues car la mère n’a pu faire renouveler son titre
de séjour, ses demandes d'autorisation de sortie pour se
rendre à la préfecture ayant été refusées
par le juge. Les enfants ont de plus en plus de mal à
supporter cette situation, et notamment la fille aînée,
dont les résultats scolaires ont fortement baissé.
Depuis l’annonce du placement, M.G. a tenté par deux fois de
se suicider. Au fil des mois, son état de santé s'est
dégradé, au point de nécessiter plusieurs
hospitalisations. Chacune des remises en liberté a cependant
été refusée au motif qu'il existe un « risque
de réitération du délit ».
L'instruction est close depuis le mois de décembre. Selon
l'avocat de M.G, il n'y a aucun élément nouveau depuis
une confrontation organisée au mois de juin 2007. La date du
procès n'est toujours pas connue.
(OIP)
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