| Dossier : Récidive, récidivistes, ne pas se tromper de débat (n°48) |
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récidive, récidivistes :
La récidive est la fille d'un système pénal qui croît que la sanction intimide et que la prison répare et répond à tous les problèmes que la criminalité révèle. Pour remédier à la répétition des délits et des crimes, il faut s'extraire de modes de punition et de surveillance fondés sur la peur et sans effets sur la sécurité. Au printemps dernier, plusieurs faits divers concernant des personnes déjà condamnées, incarcérées et libérées émeuvent l'opinion publique et poussent les parlementaires à se saisir de la question de la récidive des sortants de prison. Six mois plus tard, un projet de loi est voté par l'Assemblée nationale. Largement amendé par les sénateurs en mars 2005, il attend son retour devant les députés, qui entendent rétablir le texte initial. Celui-ci prétend tenir équilibrée la balance entre répression et prévention. Côté répression, la discussion n'a consisté qu'à arbitrer une vieille querelle entre les « ultras » et les « modérés » du courant sécuritaire de l'UMP. Les seconds s'enorgueillissent d'avoir évité l'instauration de peines planchers automatiques pour les récidivistes. Mais leur marchandage n'entérine pas moins une limitation des possibilités d'usage des peines de sursis avec mise à l'épreuve et des réductions de peines. Le volet de la prétendue prévention est encore plus inquiétant. Il consiste, comme chacun le sait désormais, à placer un certain type de délinquants, condamnés pour des infractions à caractère sexuel, sous surveillance électronique après la fin de leur peine, pour une durée pouvant aller jusqu'à trente ans. Enfin, la loi permet l'inscription au fichier national des délinquants sexuels des personnes que la justice a déclaré irresponsables. Et gare à ceux qui mettrait en doute l'opportunité de telles mesures. Les sénateurs qui ont supprimé le recours à la surveillance électronique après la peine ont été qualifiés d' « intellectuels » par le président de la commission des lois, Pascal Clément, ce qui, dans sa bouche, est censé être désobligeant. Quant à Jacques Floch, un député socialiste qui a émis des réserves lors du débat parlementaire, il tient simplement, selon le député UMP Guy Geoffroy, « un discours d'arrière-garde ».{tab=suite1}
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