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le Canard enchainé, 12/10/11, Guadeloupe : c’est tassé engeôleur ! Imprimer Envoyer
Mardi, 25 Octobre 2011 08:24

A la Guadeloupe, dans les deux maisons d'arrêt de l'île, on adapte les capacités d'accueil à la sauce locale, plus exactement à la « culture caribéenne ». Et là où en métropole on doit, en principe, enfermer deux détenus dans une cellule d'au moins 11 m², sous les cocotiers on en met quatre. « La direction de l'établissement l'a justifié en m'expliquant qu'à l'extérieur les gens ont déjà l'habitude de vivre comme ça... », relate, ahuri, Etienne Noël, avocat spécialisé dans la défense des détenus et militant à l'Observatoire international des prisons (OIP). Il revient juste d'une petite « escapade » dans les deux prisons de l'île, accompagné d'un expert mandaté par le tribunal administratif de Basse-Terre. Plusieurs détenus, en effet, ne goûtent pas ce « particularisme local ». Avec Etienne Noël, ils veulent faire payer l'administration pour avoir été embastillés dans des conditions indignes. Surpopulation énorme agrémentée de rats en goguette, pas de lumière du jour pendant la saison des pluies, impossibilité de cuisiner chaud... En comparaison, les taules métropolitaines auraient presque des allures de paisibles retraites. « Les détenus en outre-mer sont les oubliés de notre système carcéral », tonne François Bès, délégué de l'OIP pour les DOM-TOM. Sans doute plus pour très longtemps.


Les actions en justice contre l'Etat progressent. Et pas sûr que les juges soient très sensibles à cette fameuse culture caribéenne. Au ministère de la Justice, on conteste absolument « l'existence d'une norme DOM qui viendrait instaurer une différence de traitement entre les détenus selon l'endroit où ils se trouvent ». Tout en reconnaissant qu'à la Guadeloupe « il y a des cellules de 8,70 m² alors qu'elles devraient faire au moins 9 m² ». Des travaux sont en cours pour créer 270 nouvelles places sur les deux lieux de détention. Livraison prévue en 2014.


Après ces visites, certains cadres pénitentiaires observent qu'en « l'état objectif » de la taule il faut redouter « le pire ». Mais les mêmes espèrent beaucoup de l'expert, qui, « en sa qualité d'architecte », a participé « à la conception du centre pénitentiaire visité ». C'est dire où ils en sont. D'autres craignent que l'administration ne soit tentée par un transfert de taulards de la Guadeloupe vers la métropole.Une sorte de triple peine.


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