| Le Parisien 30/08/10 Légère baisse des suicides en prison |
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| Lundi, 30 Août 2010 15:54 |
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Le Parisien, 30 août 2010 Selon le ministère de la Justice, les chiffres des suicides déclinent . L'Observatoire international des prisons conteste ces statistiques.C'est un chiffre encourageant mais que le ministère de la Justice lui-même entend traiter avec précaution. Depuis le 1 e r janvier et jusqu'au 27 août, l'administration pénitentiaire a compté 72 suicides en détention. Sur la même période l'année dernière, 84 avaient été recensés.Au-delà de la baisse statistique, l'entourage de la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, se félicite d'avoir fait de ce sujet douloureux l'une des priorités de sa politique en matière pénitentiaire. « Il y a aujourd'hui une exigence réelle sur cette question », note-t-on Place Vendôme où l'on suit avec attention le plan d'urgence lancé l'été dernier après une vague de suicides. Parmi les mesures lancées en août 2009 figurait le kit antisuicide destiné aux détenus en crise. La mesure présentée par ses détracteurs comme un « gadget » a tout de même rencontré un certain succès : ce matériel (pyjama et couverture déchirables), disponible dans toutes les prisons françaises, a été utilisé 430 fois. Mais le kit ou les « cellules antisuicide », en construction dans tous les établissements, ne sont que des mesures d'urgence. D'autres mesures existent. Sur l'aspect matériel, les tests qui ont introduit la radio et l'accès au téléphone dans les quartiers disciplinaires devraient être généralisés. Il y a aussi le recensement des « moyens matériels du suicide » dont 90 % se font par pendaison. « Il y a donc une réflexion sur l'architecture des futurs établissements et des aménagements sur le bâti existant, par exemple la suppression des potences qui fixent les télés aux murs », précise le ministère. Mais « les priorités restent de mieux identifier les détenus à risques. Cela passe par une meilleure formation du personnel pénitentiaire », note l'entourage de la garde des Sceaux qui a aussi confié au professeur Terra le soin de superviser d'autres projets, comme les codétenus de soutien. Le dialogue est mis en avant : des commissions locales se réunissent deux fois par mois dans chaque établissement, réunissant les personnes au contact des détenus (surveillants, médecins, associations...) et une commission interrégionale est chargée de rassembler ponctuellement plusieurs établissements pour débriefer de cas de suicides ou de tentatives. Enfin, si une prison connaît deux suicides en moins de six semaines, elle est tenue d'organiser des groupes de parole avec les détenus. Seule ombre au tableau, les « boîtes aux lettres » ouvertes à destination des familles et censées faire le lien avec l'administration pénitentiaire connaissent des débuts très difficiles. « Il faut se laisser du temps. Beaucoup de familles hésitent encore à confier des éléments privés sur un parent détenu. Elles y voient peut-être une forme de délation », admet-on au ministère de la Justice. Contacté, l'Observatoire international des prisons (OIP), par la voix de son délégué, Patrick Marest, discute le bilan de la politique menée et rappelle que la semaine dernière deux détenus se sont donné la mort dans la même cellule à la prison de la Santé, offrant selon lui « le pire contre-exemple de la politique actuelle ». « Qu'en est-il du chiffre noir des suicides en prison ? Il y a eu par exemple, en 2008, 80 « morts naturelles » par ingestion médicamenteuse qui n'ont pas été comptabilisées en suicides », insiste-t-il. Il estime que l'administration pénitentiaire devrait « se dessaisir de cette question au profit du ministère de la Santé » pour des raisons de crédibilité. « Sinon, conclut-il, le ministère de la Justice restera le spectateur impuissant des variations saisonnières. » DAMIEN DELSENY Avec l'autorisation du Parisien, reproduction interdite. |







