Revue de presse

Revue de presse (113)

Presse Océan, 26 aout 2010


Les détenus demandent la désignation d'experts pour identifier les causes d'une pathologie infectieuse présente au centre de détention.Ils ont été contaminés par un staphylocoque au centre de détention et demandent une expertise en urgence.


Quatre personnes actuellement ou récemment détenues à la prison de Nantes ont déposé mardi une requête en référé devant le tribunal administratif. Ils demandent la désignation en urgence d'un collège d'experts afin d'identifier les causes d'une pathologie infectieuse due à une bactérie de type staphylocoque, ayant touché plusieurs détenus depuis le début de l'année. Ils réclament que soit évaluée l'adéquation des réponses apportées à cette situation par les autorités sanitaire et pénitentiaire. Les certificats médicaux fournis par deux des quatre requérants mentionnent une infection à staphylocoque développée en avril, se traduisant par des infections cutanées suppuratives. « Leur état de santé a nécessité une prise en charge médicamenteuse et des soins locaux importants », précise Samuel Gauthier de l'Observatoire international des prisons (OIP). Les deux autres requérants font état d'une infection bactérienne de la peau dont l'origine n'est à ce jour pas établie, traitée par des soins locaux réguliers et une antibiothérapie.


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la Montagne, 11 aout 2010


Deux détenus basques observent une grève de la faim et de la soif depuis neuf jours à la prison de Moulins-Yseure pour protester contre la fouille intégrale. Alors que les surveillants contestent aller au-delà du cadre légal lorsqu'ils fouillent à corps les prisonniers, Florence Aubenas, Présidente de l'Observatoire international des prisons, trouve « incroyable » que ces fouilles fassent encore l'objet d'un débat. Entretien.


À votre arrivée à l'OIP, vous avez évoqué les fouilles avec Michèle Alliot-Marie ?
Je lui ai même mimé. Elle a ouvert de grands yeux... C'est fondamental parce que symbolique des Droits de l'homme en prison. Le problème n'est pas la fouille, mais la façon dont elle peut être pratiquée, en moyen de pression dégradant.La France a déjà été condamnée plusieurs fois pour ça. D'accord pour la fouille, mais pour les Droits de l'homme aussi ! Quand on sait que c'est le premier acte qu'on subit en prison, on comprend mieux le "choc carcéral".


Elle est pourtant nécessaire. Des explosifs sont entrés à la centrale de Moulins cachés dans le rectum?
Les surveillants sont les premiers à dire qu'ils trouvent peu de choses lors des fouilles. Des aéroports, utilisent un scanner. Je ne crois pas qu'on passerait des explosifs à Tel Aviv...


Mais les scanners coûtent chers ?
Pour 180 établissements en France, ça ne doit pas être énorme. Il n'y a pas si longtemps, tout le monde était d'accord pour mettre des portiques à l'entrée des écoles, et on n'a pas parlé de coût.Je ne comprends même pas que ce sujet fasse encore débat. Et pourtant, il n'y a pas qu'en prison. Même en garde à vue, je voudrais qu'on m'explique pourquoi on fait ôter leur soutien-gorge aux femmes...

 

Propos recueillis
par Éric Moine

LibéLille, 28 juillet 2010

 

C'est officiel, la prison de Loos, près de Lille, 797 places au total, installée dans une ancienne abbaye cistercienne créée au XIIe siècle, va être rasée en juin 2011. Juste au moment de l'ouverture du nouveau domaine carcéral d'Annoeulin, qui recevra les détenus et les gardiens sans toit. Surpopulation chronique, vétusté certaine, Loos n'avait pas une bonne réputation sur le plan de la salubrité. La vieille prison sera cependant regretté : "On veut faire des prisons à l'américaine, où les surveillants disparaissent de la vue de la population incarcérée", s'inquiète Cédric Deprez, délégué régional FO pénitentiaire. Moins humaines, explique-t-il, ce que confirme l'Observatoire international des prisons.

Loos a longtemps été la seule prison de la métropole lilloise, avec un centre de détention réservé aux longues peines de 359 places, et une maison d'arrêt, pour les détentions provisoires et les courtes peines, de 438 places. En 2005, a ouvert le centre pénitentiaire de Sequedin, 596 places. Il devait remplacer Loos, les deux prisons vont en fait rester ouvertes. Il faudra l'ouverture de la nouvelle prison d'Annoeulin, 700 places prévues, pour que Loos soit détruit, en 2011. Et l'administration pénitentiaire prévoit sa reconstruction, sans doute sous une autre forme, peut-être réservée aux courtes peines, de plus en plus nombreuses. "On reste dans la droite ligne de la politique pénale actuelle", constate Anne Chéreul, de l'OIP (Observatoire international des prisons) Lille. "La fermeture annoncée de Loos, mais aussi de Béthune et de Dunkerque, c'est l'arbre qui cache la forêt. Le seul problème que l'on résoud, c'est le problème de l'hygiène et de la salubrité." Ces dernières années, l'OIP a constaté un accroissement du nombre d'incarcérations."Aujourd'hui, nous sommes dans une phase de stabilisation haute", explique Anne Chéreul. "Pourtant, 85% des détenus sortent après moins d'un an d'incarcération : la prison n'a aucun intérêt pour eux." L'OIP milite pour des alternatives à l'incarcération, sursis avec mise à l'épreuve, semi-liberté, placements extérieurs.

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La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé lundi 26 juillet un "plan sans précédent de modernisation des prisons françaises". Cette mesure comprend la fermeture de 23 établissements, jugés trop vétustes pour être rénovés, ainsi que leur remplacement par de nouvelles structures"pour la plupart entre 2015 et 2017".

Intervenant dans le cadre de la politique de modernisation des prisons françaises, qui avait déjà décidé l'année dernière de la fermeture et du remplacement de 22 prisons, cette initiative entend répondre aux nombreuses critiques sur les conditions d'incarcération en France, et notamment au rapport assassin du commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe en novembre 2008.

 

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Lundi soir, Michèle Alliot-Marie annonçait la fermeture définitive de 23 établissements jugés vétustes. Les syndicats dénoncent des mesures d'économie, dangereuses pour la réinsertion des détenus.

L'annonce de la ministre de la Justice a mis le feu aux poudres. Lundi soir, Michèle Alliot-Marie a donné la liste des 23 prisons vétustes promises à la fermeture entre 2015 et 2017, qui s'ajoutent aux 22 fermées pour rénovation. Comme d'autres syndicats de surveillants, la CGT pénitentiaire a immédiatement protesté contre ces choix qu'elle juge « arbitraires», car effectués « sans aucune concertation avec les organisations syndicales ». But officiel de cette annonce qui s'inscrit dans le cadre de la politique de modernisation des prisons françaises? Mettre la France « en conformité avec les règles pénitentiaires européennes et garantir la mise en œuvre des prescriptions de la loi adoptée en novembre 2009 ».

 

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Canard Enchainé, 28 juillet 2010


La commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a été saisie d'une plainte de l'Observatoire international des prisons (OIP) à propos de la légalité du cahier électronique de liaison (CEL). Cet outil informatisé permet au personnel pénitentiaire de tout noter de la vie du détenu. Ce cahier électronique le suit lors de son incarcération, les données recueillies, et conservées, peuvent resservir en cas de nouvelle condamnation. Et donc influer sur la détention à venir.
Ainsi, en juin dernier, à la prison de Rouen, on pouvait lire dans un CEL :
« Détenu procédurier, a trouvé un bon partenaire en la personne en la personne de X. Fait des recours (...), s'amuse à tout contester et fait partie des meneurs de la 2ème division avec son comparse. » Ou encore : « Détenu sous surveillance car celui-ci a été vu à la promenade (...) sollicitant ses codétenus pour produire des écrits à l'encontre de la maison d'arrêt, l'insalubrité des locaux, les dysfonctionnements. » Sanction? L'isolement.
Etienne Noël, avocat rouennais, a déjà obtenu des dédommagements de l'Etat pour conditions de détention « inhumaines » dans cette prison, où cent détenus ont déposé plainte. Avant d'être mis à l'isolement.


Avec l'autorisation du canard enchainé, reproduction interdite.

Atteint d'un cancer du poumon, un détenu incarcéré au centre pénitentiaire de Lannemezan a vu sa demande de suspension de peine rejetée par le tribunal de l'application des peines de Tarbes. L'OIP s'insurge contre cette décision.

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Extrait.

 

La santé et la formation professionnelle des détenus sont les deux principaux points noirs de la vie dans les prisons françaises, selon un rapport de la Cour des comptes qui formule des recommandations, notamment pour le suivi des malades psychiatriques.
"La santé est un secteur très défaillant en prison", a noté Alain Pichon, président de chambre à la Cour des comptes qui a présenté le rapport à la presse mardi.
L'administration pénitentiaire avait en charge 235.000 personnes au 1er janvier 2010, un chiffre qui a augmenté de 26% en dix ans: 61.000 détenus et 174.000 en milieu ouvert.
D'après le rapport, l'état de santé des détenus est déjà "préoccupant" à leur arrivée, l'incarcération générant elle-même une "dégradation".
Le principal problème est l'inadéquation entre l'offre et la demande de soins psychiatriques. D'ici à 2012, neuf unités hospitalières pour malades mentaux devraient prendre en charge 600 prisonniers. Insuffisant selon M.Pichon, qui estime qu'"un tiers des détenus devraient normalement bénéficier d'une surveillance psychiatrique".
"Le système de soins est obstrué par le fonctionnement pénitentiaire", a estimé Stéphanie Djian, déléguée nationale adjointe de l'Observatoire international des prisons (OIP) interrogée par l'AFP. Selon elle, les moyens sont clairement défaillants, sans parler des conditions de salubrité et d'hygiène."

[...]

Un détenu de Longuenesse, hospitalisé au service de psychiatrie du CH Lens, a été maintenu attaché à son lit pendant près de 2 semaines. Selon l'établissement public de soins, cette mesure a été prise pour protéger le patient contre lui-même.

C'est un communiqué de l'Observatoire international des prisons (OIP) qui a révélé l'affaire. Le 3 juin dernier, K., écroué au centre pénitentiaire de Longuenesse depuis maintenant 4 mois, est hospitalisé d'office sur arrêté préfectoral dans le service de psychiatrie du centre hospitalier de Lens.
Placé dans une chambre d'isolement équipée d'une caméra, il est attaché à son lit par une ceinture ventrale et une sangle au niveau des pieds et des mains.

Et ce jusqu'à sa sortie, 13 jours plus tard.


« Une atteinte à la dignité humaine »
Sa soeur aînée, qui ne souhaite pas révéler l'identité de son frère, ni même les raisons de son incarcération, est encore sous le choc.
« Il a des problèmes de santé depuis une dizaine d'années. Il aurait demandé au médecin pénitentiaire à être hospitalisé parce qu'il ne se sentait pas bien psychologiquement. Quand je l'ai vu à la prison ce mercredi, il m'a dit qu'on ne l'avait jamais détaché pendant son séjour. C'est innommable », déclare la jeune femme originaire de la métropole lilloise.Anne Chereul, quant à elle, pointe du doigt une « atteinte à la dignité humaine ». [...]


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Avec l'autorisation de la Voix du Nord, reproduction interdite.

Être emprisonné, c'est être privé de liberté. Mais faut-il pour autant être privé de vie intime et familiale ? Les règles européennes et internationales recommandent que non, mais dans les faits... Depuis 1991, Raphaël Bonte est visiteur de prison. Vingt ans qu'il prête l'oreille à des détenus à Lille et Valenciennes. Vingt ans qu'il écoute le malheur. Et fort de cette expérience, à la question de l'amour en prison, il avance cette préconisation : « La condition sine qua non à une vie intime est l'encellulement individuel. » Tellement rare en l'état actuel de la surpopulation carcérale.


De toute façon, selon lui, la vie intime en prison est taboue. Et il soulève: « Il faudrait des sortes de délégués de prison, désignés par tirage au sort - afin de ne pas céder au "caïdat" - qui pourraient exprimer la parole collective normalement due aux prisonniers. » Cette vie intime est souvent fantasmée. D'après Anne Chereul, coordinatrice régionale de l'Observatoire international des prisons, « la prison guillotine la sexualité et peut s'installer alors une sexualité de substitution, solitaire ou homosexuelle. Mais rarement harmonieuse. D'autant que l'homophobie règne entre détenus. On a eu des personnes qui ont subi des choses atroces. »


Et d'insister : « L'autorité pénitentiaire doit faciliter les relations intimes désirées, que ce soit avec quelqu'un dedans ou à l'extérieur. Or, les unités de vie familiale n'existent dans aucune des prisons de la région. Et les parloirs des centres de détention ont souvent des murets séparant détenus et visiteurs, ce qui est illégal. Avec des détenus qui peuvent être sanctionnés s'ils s'appuient ou passent au-dessus du muret. Et à Douai, par exemple, ce sont des petits box étriqués, mal ventilés et surchauffés. »


Incompréhension
Anne Chereul comme Raphaël Bonte évoquent les nombreux cas de rupture ou de divorce quand une personne est emprisonnée.
« Les détenus nous font part de l'incompréhension régnante. Ils ne parlent plus que de la prison et ne sont pas réceptifs aux problèmes financiers de leur famille, en arguant qu'ils n'ont pas à se plaindre car eux sont en liberté. Ou alors les familles n'osent rien leur dire car elles estiment qu'ils subissent déjà assez », rapporte M. Bonte.


Ces problèmes financiers des familles sont souvent aggravés par l'éloignement du détenu. Selon une étude de 2009 de l'UFRAMA, 27 % des visiteurs habitent à plus de 100 km. Ce qui implique des dépenses : 58 % des personnes dépensent plus de 50 euros par mois pour aller visiter « leur » détenu et 15 % plus de 150 euros. Anne Chereul : « Çà commence par là : rapprocher les détenus de leur famille. »
L. D.


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Amour entre prisonniers : « On a longtemps été dans une hypocrisie totale »

Derrière les murs des prisons, l'amour impossible ?